La
presse
Quelques
articles où l'on parle de nous :
Publications de Montlignon
: Histoire des techniques
La
caisse à outils d'un poète Télécharger
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Le
monde de la musique - Octobre 2005 n° 45
Forte
personnalité, toujours prompt à pourfendre les
lâchetés humaines ou à dénoncer les manquements à l'éthique, Bernard
Sabatier est aussi et surtout l'un des plus brillants luthiers français.
Inventeur de l'alto à trois coins (légèrement dissymétrique) pour les
enfants (une vraie sonorité d'alto dès le plus jeune âge) et de l’arpegina (petit-fils
de feu l’arpeggione schubertien) pour l'ensemble Carpe Diem, il se flatte de n'avoir personne de
célèbre dans sa clientèle, mais il est incontournable. Il se définit comme
un artisan « ni courtisan ni courtisé (recevant) ceux qui veulent
bien se satisfaire de ce que je peux faire ». Au travers du projet «
Orchestre à l'école », il tente de rendre le violon plus populaire. « Quand
on en joue, on ne trouve pas que le violon, c'est bourgeois », tonne-t-il.
Ne cherchant pas les titres et les honneurs, Bernard Sabatier est aussi l'homme
de la situation pour une expertise franche et honnête.
SuzukiMusique
- Mai 2005 Canada - Les premiers altos 1/16ème dans le monde arrivent à
Ottawa.
SuzukiMusique
vient de prendre possession de deux altos 1/16ème, oeuvre du luthier parisien Bernard
Sabatier, les premiers altos de cette taille au monde, les plus petits
jusqu'alors étaient des 1/8ème. Commandés spécialement par Suzuki musique
pour les jeunes débutants, ces instruments aux propriétés acoustiques
remarquables innovent sur deux points : d'abord les chevilles sont toutes situées
du même côté du manche, ensuite, la caisse présente une forme asymétrique.
Ils ont été élaborés avec du bois vieux de 200 ans, racheté lors de la
fermeture de l'usine de Mirecourt. Lorsque Kailey Kemp, professeur d'alto de
SuzukiMusique, a déballé les nouveaux instruments, elle s'est écriée «
Comme ils sont beaux ! ! Ils ont un son extraordinaire et ce sont de petites
oeuvres d'art ! Ce sera absolument merveilleux pour moi d'enseigner à de si
petits altistes ! » Les nouveaux instruments ont déjà trouvé
preneurs, et ils ont une profondeur de son qui est de loin supérieure à
un violon de taille équivalente. Les fonds pour cet achat ont été générés
grâce au récital au bénéfice de Jethro Marks, et qui a eu lieu en janvier.
SuzukiMusique est en train de construire un fonds d'alto a prêter et à louer,
et pour lever des fonds nous allons participer activement à L'encan pour les
arts, qui sera lancé par la société de musique de chambre d'Ottawa le 1er
juillet 2005
www.suzukimusic.ca
A
la découverte de l’arpegina - Cité internationale des arts - Paris - 30 Juin
2005
Robert Schumann : Märchenbilder, opus 113
Johannes Brahms : Sonate pour alto et piano n° 1, opus 120 n° 1
Marin Marais : Cinq vieilles danses françaises
Franz Schubert : Sonate «Arpeggione», D. 821
Jean-Paul Minali-Bella (alto, arpegina), Véronique Goudin (piano)
Élève
de Serge Collot, Bruno Pasquier et Jean Mouillère, ancien soliste de l’Orchestre
national de France (1993-1995), Jean-Paul Minali-Bella proposait un récital en
deux temps: une première partie dédiée à deux grands classiques de la
littérature pour alto – même si le second fut d’abord destiné à la
clarinette – puis une seconde partie consacrée à un instrument unique, au
sens propre du terme, l’arpegina.
Dans les Märchenbilder (1851) de Schumann, il restitue pleinement l’élan
et la générosité mais aussi l’«expression mélodique» requise par le
compositeur, ce qui fait d’autant plus regretter une intonation beaucoup trop
souvent approximative. A ses côtés, le piano exact de Véronique Goudin ne
tire pas toujours parti des teintes chaudes du Bösendorfer. La Première
sonate (1894) de Brahms confirme de belles qualités: force et ampleur de l’Allegro appassionato,
Andante un poco adagio
plus dans la légèreté que dans l’épanchement, Allegretto grazioso
assez allant, mais particulièrement réussi, et Vivace final vigoureux.
Avec un musicien qui fut altiste du Quatuor Arpeggione de 1995 à 1999 et dont
le concert était produit par Cinquièmes cordes, la suite du programme
était évidente: la Sonate «Arpeggione» (1824) de Schubert que, faute
de pérennisation de l’instrument éponyme («guitare-violoncelle» à six
cordes), l’on confie d’ordinaire principalement au violoncelle ou à l’alto
(sans parler de la flûte ou de la clarinette…). Même si sa création n’a
pas été motivée par l'oeuvre de Schubert,
l'arpegina conçut en 1996 pour
Minali-Bella par le luthier Bernard Sabatier, y trouve par excellence à s’exprimer:
se présentant sous la forme asymétrique de deux ellipses qui se rejoignent au
niveau du chevalet, cette sorte de grand alto possède en effet une corde
supplémentaire (mi grave) qui lui permet de couvrir, sans transposition
à l’octave supérieure, toute la tessiture imposée par la partition.
Le résultat est remarquable, ne perdant nullement en agilité (Allegretto
final, très enlevé) ce qui est gagné en étendue mais aussi en puissance et
même en sonorité, d’une superbe richesse. On comprend donc aisément que des
compositeurs tels que Nicolas Bacri aient eu envie d’écrire à la fois pour
ce nouvel instrument et pour celui qui en joue, car la musicalité innée de l’arpeginiste
(?), qui a enregistré cette Sonate dès 1998, se fonde sur une grande
qualité de phrasé, même s’il était ici hélas toujours handicapé par des
problèmes récurrents de justesse.
L’arpegina convainc en revanche un peu moins dans Cinq vieilles danses françaises
(L’Agréable, La Provençale, La Musette, La Matelotte
et Le Basque) de Marin Marais, tirées de différents livres de ses Suites:
même si Minali-Bella, parcimonieux en vibrato, s’emploie à ne pas romantiser
excessivement le discours et à varier les couleurs (Musette jouée
près du chevalet), l’instrument paraît quelque peu bridé dans un tel
répertoire. Simon Corley
Bulletin
des Amis de L'Alto France 2000
AAA
:
Cher Bernard, comment est né cet étrange instrument, l'alto trois coins?
Bernard Sabatier : Le 24 octobre 1995, à 23h15, de la rencontre de deux
ellipses tracées à table sur la nappe de papier. Sa réalisation eu lieu quelques semaines plus tard, à la taille de 30 cm (1/2)
grâce aux compagnons de mon atelier et de deux collègues amis : Bruno Dreux et
Paul Beley. Paul Hadjaje qui avait souhaité un alto qui ne fut plus un violon
suralimenté en fut surpris. Après Philippe Raynaud, je relevai le défi.
AAA :
Et pourquoi une telle forme?
Bernard Sabatier : Parce que d'abord, il y a le son, la forme vient ensuite pour
le reproduire. Cerner une idée sans retenir, laisser s'épanouir; En
l'occurrence, je crois même que les graves débordent de la casserole! Mais
sans eux, les enfants sont floués quand on leur propose un violon qui
s'époumone sous des cordes trop grosses. Les éclisses rehaussées à gauche
donnent à la fois un volume d'air plus important libéré par une F largement
ouverte et le balours obtenu relève l'équilibre de l'épaule. L'éclisse
effacée et surbaissée, coté aigus, est un bénéfice secondaire pour ceux qui
plus tard, découvriront les positions élevées. La disparition de l'appui de la paume de la main est un peu le bord de la
piscine qu'on lâche pour nager en toute liberté…. Et puis au rugby, le
ballon est-il rond?
AAA :
Combien d'instruments réalisés à ce jour?
Bernard Sabatier : Le 250ème alto (toutes tailles confondues, y compris le cinq
cordes baptisé Arpegina) vient de trouver son petit propriétaire à Hawaï, la
semaine dernière. Les Allemands furent les premiers, suivis des suisses et des
américains. Les Français, plus conservateurs, choqués d'abord se sont
rapprochés lentement avant d'essayer. Cette rentrée fut le véritable démarrage notamment avec le 1/8ème pour
lequel, luxe suprême, la maison Savarez Corelli a fabriqué des cordes de deux
tirants différents. Enfin dans le "combien", il y a la question du prix. Eh bien
l'utilisation d'un stock de fonds d'érable et de tables d'épicéa acheté à
vil prix, il y a 30 ans à Mirecourt, les dons de leurs chutes de "luthiers
amis" et la répartition du travail entre plusieurs mains ont permis de
faire un prix "ami de l'alto": 3800,00fr pour les petits jusqu'au 1/2,
ensuite 500,00frs plus par taille.