Il
arrive que l’on se sente prisonnier entre quatre cordes, la cinquième
permet de s’évader. Pas fat,
mis, là, répit
du do, las, si
solitaire et a-mi
grave.
Et comme
il fallait bien donner un nom à cet instrument, il fut emprunté à la
fille du geôlier : Gina. Bienveillante irrévérence au créateur
d’un instrument encombrant jusque dans son nom. Son embonpoint désuet
empêcha peut-être sa descendance… L’Arpeggione
de Stauffer était de la taille d’un violoncelle auquel on avait
ajouté deux cordes.
Dans l’Arpegina, la
terminaison Gina indique déjà la cure d’amaigrissement imposée au
modèle original et tous les papas vous diront que dans Gina, il y a
Lollobrigida et ses rondeurs !
Plus léger, cet altiste à 5 cordes
n’entend plus les violoncellistes, assis, crier « au voleur * ».
La sonate est emballée, envolée : Schubert, décoiffé,
enlevé !
Bernard
Sabatier
*
Comme si la cure d’amaigrissement avait atteint le musicien lui-même, l’utilisateur
de l’Arpegina est un altiste, qui joue généralement debout quand le
violoncelliste joue toujours assis.