Bernard
Sabatier a conçu pour les jeunes altistes un alto à 3 coins.
Depuis
de nombreuses années déjà, l’alto s’est imposé comme un instrument à
part entière qui n’a plus de complexes de notoriété à avoir avec ses
proches « parents », violon et violoncelle.
Musiciens,
professeurs et luthiers n’ont eu de cesse depuis vingt ans de contribuer à
l’évolution des performances de l’instrument.
Un
problème subsistait cependant : par sa taille et par son poids, l’alto
est difficilement accessible aux enfants, surtout pour les plus jeunes. Bien
souvent, « l’apprenti-altiste » doit se contenter d’un violon
que le luthier a travesti en y plaçant des cordes d’alto. Le son est juste,
l’intention louable, le résultat limité : la caisse de résonance
d’un violon, même lorsque ce dernier est monté en alto, ne saurait restituer
l’envergure acoustique, notamment dans les graves, d’un authentique alto.
Enfin
un véritable alto pour les enfants
D’où
le projet de Bernard Sabatier, de réaliser
un instrument répondant aux exigences musicales et pédagogiques tout en
offrant des qualités ergonomiques adaptées aux plus jeunes. S’inspirant
librement de l’architecture acoustique que présente le théâtre antique d’Épidaure
en Grèce,
deux ellipses griffonnées un soir sur un coin de table furent à l’origine de
l’alto 3 coins. Si certains ne virent au départ que la fantaisie d’un
luthier épris d’esthétique avant-gardiste, d’aucuns réalisèrent que
l’asymétrie de l’instrument permettait des performances sonores indéniables.
En effet, le rehaussement des éclisses sur la gauche de l’instrument, permet
de libérer un volume d’air plus important et cela grâce à une « F »
largement ouverte. Par ailleurs, le balourd ainsi obtenu relève l’équilibre
de l’instrument. Enfin, l’éclisse effacée et surbaissée côté aigus est
un avantage pour les instrumentistes qui découvriront plus tard les positions
élevées. Ainsi, le son préside à la forme et non le contraire .
L'alto
à trois coins a tout d'un grand
L’alto
à trois coins, du 1/16e jusqu’à la taille 1/2, est vendu à
580 euros, ce qui représente un budget fort modique pour un instrument fait à
la main et fabriqué avec des stocks d’érables et d’épicéas de première
qualité provenant de Mirecourt. Des tailles supérieures existent, même si
dans l’esprit de Bernard
Sabatier, il n’a jamais été question de révolutionner la forme
« classique » de l’alto, mais au contraire d’adapter la forme en
fonction de l’instrumentiste. On l’aura compris : c’est avant tout l’intention
pédagogique qui a présidé le choix du luthier.
Un
tel engouement pour l’alto trois coins n’aurait jamais pu être sans la
collaboration précieuse d’amis luthiers, tels que Bruno Dreux et Paul Beley ou
encore de la Maison Savarez Corelli qui fabrique spécialement pour l’alto de
petite taille les cordes de deux tirants différents.
Depuis
le 24 octobre 1995, date à laquelle Bernard Sabatier conçut le prototype de l’alto
à 3 coins, près de trois cents instruments ont été réalisés selon le même
modèle. Un succès croissant comme le prouve chaque année le nombre des
commandes enregistrées. L’intérêt des professeurs est d’autant plus
appréciable qu’ils peuvent ainsi initier des enfants dès le plus jeune âge
à l’alto, et ceci pour un rapport qualité-prix défiant toute concurrence.